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Vientiane, le 4 juin 1966
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Louis Hérault
Vientiane
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Lucie Demontel
Paris
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Lucie,
Évidemment, que tu te trompes ! Évidemment, que je meurs d’envie de t’avoir à mes côtés. Je te l’ai répété mille fois, je suis furieux que tu puisses envisager le contraire. « Deux piliers dans ma vie se sont effondrés » voilà les termes de ta lettre. Je reconnais que l’appui de ta grand-mère te manque d’autant plus qu’elle t’encourageait à partir. Mais moi, je suis l’autre pilier et il ne s’est pas effondré. Bon dieu ! Je suis là Lucie, je te soutiens, je ne cesse de vouloir t’encourager, je ne demande qu’à t’aider. Notre vie au Laos devait être un ciment pour construire notre couple. Se donner le temps de découvrir ce pays ensemble et se faire de merveilleux souvenirs. Je ne comprends plus rien. Quel obstacle rencontres-tu pour hésiter ainsi ? Tu vas venir, tu l’as promis. Tes arguments ne sont pas recevables. Ton travail tu le retrouveras à ton retour, ta famille aussi.
Tu dois te confier à moi et me dire la vérité.
Je t’en supplie pense à moi. Louis ton amoureux.
Photo Michel Rosse
