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Vientiane, le 26 mai 1966
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Louis Hérault
Vientiane
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Lucie Demontel
Paris
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Chère Lucie,
Je rêvais tellement de ce rendez-vous téléphonique ! Je pensais que nous allions renouveler nos serments. La qualité de notre communication était excellente. J’avais l’impression de pouvoir te toucher, mais dès que je t’ai suppliée de me donner la date de l’achat de ton billet, d’un ton agacé tu as dit vouloir parler d’autre chose. J’ai perdu tous mes moyens, je ne suis pas quelqu’un d’émotif, mais ta voix glacée m’a anéanti, je n’ai pu retenir l’angoisse qui m’a saisi, me laissant muet. Tu m’as toujours exprimé ce que tu ressentais, c’est à mon tour aujourd’hui de me confier à toi. Je suis déçu, blessé, malheureux, ta froideur m’a fait pleurer. Réponds-moi vite que tu tiens toujours à moi et à nos projets.
Ton Louis contrarié.
Photo Michel Rosse
