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Vientiane, le 15 mai 1966
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Louis Hérault
Vientiane
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Lucie Demontel
Paris
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Ma chérie,
Ce que tu me demandes est impossible, tu le sais bien, j’ai pris cette option de coopérant, je ne puis rien changer. Je ne peux, ni abréger mon séjour, ni venir te chercher. Cesse de te désespérer, je te croyais plus forte, tu me déçois énormément. Je me demande qui t’influence ainsi ? As-tu oublié toutes nos promesses ? Ta très courte lettre ne me parle que de ton désespoir ! Moi qui ne te parle que d’espoir, je ne vois pas comment je pourrais me mettre à ta place.
J’ai l’opportunité de pouvoir faire un voyage de quelques jours à Hong Kong. De cette ville, je vais enfin pouvoir te téléphoner. Entendre ta voix, c’est ce que je souhaite le plus au monde. J’ai pensé en calculant avec le décalage horaire que le jeudi 20 mai, tu pourrais recevoir un appel à vingt heures, heure de Paris bien sûr. J’attends avec impatience ce moment où à Hong-Kong, je frémirai de joie en entendant ta voix.
Nous avons absolument besoin de communiquer, de nous redire tout l’amour qui nous lie, d’exprimer notre espoir de nous retrouver, Lucie, je t’en supplie, j’ai besoin de tes mots les plus tendres, tes caresses me manquent, l’espoir doit continuer à nourrir notre amour.
Ton Louis qui t’aime.
Photo Michel Rosse
