Regarde ce jardin d’enfants
Et toute la marmaille
De ce soir, courant,
Goûtant de belle taille
Le croissant qu’ils enfournent
Dans leur bouche trop petite,
Qu’ils retournent sous les incisives
Plantées comme des monolithes,
Définitives dents du bonheur.
Leurs boucles blondes, brunes ou rousses
De chaleur, tombent sur le front qui perlent.
Ils sentent le pain et ils déferlent
Comme la mer avec leur père aux trousses.
Regarde ce jardin des pères
Tels leur progéniture,
Pied en dedans ou pied en dehors,
Dans l’once d’une fêlure, marchant.
Regarde sur leur visage,
Sous l’argent des cheveux
Qui brillent sur les tempes,
La moue toute flottante
Et la faille de l’enfant sage.
La bouille est déjà mûre
Sous couvert de la mise,
Et de leur barbe dure
De leur large chemise
L’enfance leur transpire
Par les pores de la peau.
Ils ont la lourdeur de l’ourson
Qui court devant eux
En tapant le ballon
Qu’ils échangent en une-deux.