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Vientiane, le 12 mars 1966
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Louis Hérault
Vientiane
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Lucie Demontel
Paris
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Lucie jolie,
Pas de nouvelles au courrier ! Les avions pour la métropole partent et reviennent chaque jour. Je ne reçois aucune lettre de toi. Cela me met de très mauvaise humeur, comme un drogué, j’ai besoin de ma ration hebdomadaire de lettres. Je tourne comme un ours en cage à examiner les problèmes que me posent cette absence de courrier. Que se passe-t-il ? Ma bonne étoile m’a-t-elle abandonné ? As-tu décidé de ne plus m’écrire ?
Il s’est forcément passé quelque chose de grave dans ta vie pour que tu me laisses sans nouvelles depuis 10 jours. Je ne comprends rien à ce silence. Je me suis renseigné, il n’y a aucune grève de la poste. Es-tu malade ? As-tu des ennuis ? Un gros souci ? Mon petit cœur, c’est à moi que tu dois te confier et à personne d’autre. Tes lettres ont toujours été d’une très grande sincérité, elles sont ma joie. Tu n’imagines pas le calvaire pour moi d’être éloigné de toi dans une vie qui ne ressemble en rien à ce que j’ai vécu auparavant. Comment veux-tu que je supporte ce silence ? Sans le courrier nos vies séparées ne se nourrissent plus de l’espoir de se retrouver. Écris-moi, je t’en supplie.
TON LOUIS QUI T’AIME D’UN AMOUR SI PROFOND.
Photo Michel Rosse
