Rapi Ajax Search

"Dis, quand reviendras-tu" de Marie Christine ROSSE 53/103

📅 01 février 2026
Episode 53/103

 

Paris, le 25 décembre 1965
Louis Hérault
Paris
 
Lucie Demontel
Londres

   Ma petite Lucie,

   Joyeuses fêtes ma chérie. J’en suis sûr, l’année prochaine, nous serons réunis pour fêter Noël. J’ai trouvé ta lettre ce matin, je n’ai en effet pas pris le temps de voir ta famille, j’en suis désolé.

   Ta tristesse, ta fatigue me font beaucoup de peine. Ne t’attache donc pas tant à ce que disent, pensent et comprennent les autres. Ne t’occupe pas du jugement qu’ils se permettent de porter sur toi. Il n’y a pas de gens désintéressés, chacun attend son susucre. Élevons-nous au-dessus des idées toutes faites, des préjugés de tout le monde. Je ne veux pas que le médiocre t’atteigne, d’où qu’il vienne, quelque forme qu’il prenne. Il faut que tu sois forte, que tu aies confiance en toi. Rappelle-toi la journée passée à visiter le château et le parc d’Hampton Court. Ce jour-là, tu m’as avoué avoir résisté à des avances malvenues, et bien continue à résister. Rien que pour cela, tu dois te sentir sûre de toi et n’accepter aucune critique. Nous avons décidé de vivre ensemble et rien ne nous fera revenir sur cette décision.

   Maintenant, tu dois me dire exactement quels sont tes projets. Je sais que tu chercheras un poste de secrétaire dès ton retour à Paris, mais pendant combien de mois devras-tu ainsi travailler pour te payer le billet de ton voyage ? Je te sais courageuse mais ne pourrais-tu pas emprunter cet argent à tes parents ? Je serai prêt à les rembourser dès que je toucherai mon solde. Vois si tu peux les convaincre ? J’ai tellement hâte de te retrouver. Dans trois jours je monterai dans l’avion vers une destinée inconnue et mon désespoir est grand de ne pouvoir démarrer cette expérience avec toi.

   Pour moi, rien d’autre importe que ta confiance et ton amour. Je me répète que j'ai la chance de t'aimer et cela me rend heureux. J'ai tellement trouvé auprès de toi tout ce que je cherchais, c’est presque aussi simple que cela. Notre amour n’a jamais pris une forme désespérée, nous n’avons jamais eu l’impression que ce que nous ressentions nous ne le ressentirions plus jamais. Bien au contraire. Pense à la vie que nous nous ferons, à tout ce que nous construirons ensemble.

   Je t’embrasse. Louis.

                                                                                              

Photo Michel Rosse

louang prabang 2010 deb 017