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Paris, le 20 décembre 1965
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Louis Hérault
Paris
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Lucie Demontel
Londres
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Mon amour de Lucie,
J’ai sonné chez toi mais personne ne m’a ouvert, je me suis trompé d’heure, de date ou peut-être que ta mère m’a donné un rendez-vous qu’elle n’a pu honorer ? C’est fâcheux, car je n’ai plus beaucoup de temps pour trouver un autre créneau. J’ai des papiers importants à remplir, je dois faire mon visa, acheter mon billet qui me sera remboursé.
Je vais écrire une lettre à ton père. Je me sentirai plus à l’aise en utilisant des formules de politesse et des arguments bien pesés qu’en présence de ta mère que j’adore mais qui n’a pas fait passer mon message à ton père. Elle devait lui demander qu’il me précise une heure où je pouvais l’appeler sans le déranger.
Je vais encore te décevoir par mon comportement, c’est vrai que je suis complètement dépassé depuis que j’ai quitté la caserne, je n’ai pas eu une minute à moi. Il paraît que les asiatiques ont un rythme beaucoup plus lent, cela ne me fera pas de mal d’en prendre de la graine.
Je t’embrasse ma belle brune. Louis.
Photo Michel Rosse
