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Orléans, le 30 octobre 1965 |
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Louis Hérault
Orléans
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Lucie Dumontel
Londres
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Lucie chérie, ma lumière,
Nous avons vécu ces quelques jours, si près l’un de l’autre, que je te parle comme si tu étais encore à mes côtés. J’entends ton rire, ta voix, je respire ta peau et tes cheveux. Rien ne m’a paru fugitif, faire l’amour avec toi sera toujours pour moi la première fois. Je garderai, à tout jamais, cet esprit frais et curieux qui me fait t’aimer.
Si notre amour prend aujourd’hui une autre forme, il n’en est pas moins vivace. Tu verras Vientiane deviendra pour nous la plus belle ville du monde.
Bien des épreuves nous attendent, mais nous allons les surmonter ensemble. Je puise en toi ma force et mon espoir. Jamais rien ne nous séparera.
Il va nous falloir quelque temps pour assimiler ce que nous nous sommes dit et tenir notre serment. Je vois combien ton univers est riche et cela renforce mon désir d’y pénétrer.
Je vais dîner chez toi la semaine prochaine. Au téléphone, ta mère vient de me dire qu’elle désirait parler avec moi. En attendant l’épreuve, je me prépare soigneusement, en faisant un régime de fruits, grillades, eau pure et de la culture physique. Cela devrait me permettre de prouver notre sérieux et notre détermination. Ayons confiance, comme tu le dis, ce ne sont pas des ogres.
Je t’embrasse. Louis.
Photo Michel Rosse
