|
Orléans, le 24 octobre 1965 |
|
|
Louis Hérault
Orléans
|
Lucie Dumontel
Londres
|
Coucou Lucie,
Tu me parles souvent de tes lettres, et tu me demandes si elles sont bien écrites. On y retrouve tout le cheminement de ta pensée, tous tes scrupules à choisir le mot juste pour t’exprimer. Les miennes sont différentes car je t’y livre ma pensée à l’état net ce qui, parfois, donne une impression de sécheresse. Je ne sais pas écrire des phrases longues.
Dans huit jours, nous serons ensemble. Ma joie à l’idée de te retrouver est, je l’espère, égale à la tienne. Depuis que je sais que je vais te revoir, il n’y a plus rien qui compte, je ne vois que toi.
Le vendredi 26 octobre, je prendrai le vol de 17 heures pour Londres. Dimanche soir, je t’appellerai chez les Edgley, tu m’indiqueras les coordonnés de l’Hôtel que tu auras retenu. Le plus simple, je pense, serait que l’on se retrouve là-bas. J’espère que tu as trouvé un alibi pour expliquer que tu quittes tes hôtes pour quelques jours. Je suis sûr que tu vas très bien te débrouiller.
Je suis tellement heureux de ce moment que nous allons passer ensemble. J’ai hâte de te serrer dans mes bras, je t’aime, je t’aime. Nous vivrons intensément cette semaine, au souvenir de ces moments passés ensemble, notre séparation nous semblera moins longue. J’ai mis en toi toute ma confiance. Tu es mon espérance. À vendredi, mon bel amour
Louis qui t’aime.
Photo Michel Rosse
