Fragile chrysalide, dormant papillon,
Ses ailes invalides ocre Roussillon
La drapent au réveil. Là, toute nébuleuse,
La vieille nymphe mue quitte son enveloppe,
S’en va suspicieuse entre âmes interlopes
Et rejoint sa carrée en traînant son allure
La jambe grêlée des talures automnales.
Ses ailes sont restées desséchées en arrière
Comme du cerisier les dernières feuillées
Pendant à l’unisson en la saison létale.
Elle a laissé la soie, les ailes suspendues
Aux branches arthritiques comme gouttes d’or
Balancées lentement comme des pipistrelles
Par un vent endémique. Et marche sous la pluie
De louis et de couronnes, mains tordus croisés
Comme ceignant la cape, épaules enroulées
Dans l’illusoire étole et fuyant paniquée
Le Libecciu du cap.
Combien de jours encor lui reste-t-il céans
Au bal des âmes mortes, des corps survivants
Errant dans l’entre-soi ou bien dans l’entre-deux
A se montrer les dents au détour d’une porte.
Dans sa chambre un bombyx posé sur la corolle
D’une robe au placard butinait dans le Styx
D’une piètre mémoir les secrets de la folle
Disloqués à jamais.
Photo L'Altérité