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Orléans, le 6 octobre 1965 |
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Louis Hérault
Orléans
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Lucie Dumontel
Londres
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Ma vilaine Lucie,
Depuis que je te connais, je pense avoir plusieurs fois eu l’occasion de te mettre en garde contre ta naïveté. Il fallait que cet événement arrive et avec un Turc en plus ! C’est ton naturel, tes réactions spontanées, ta gentillesse qui font que l’on t’aborde avec facilité. Tu as le cœur sur la main et jamais aucune méfiance. Maintenant le portrait que tu me fais de ce garçon Ibrahim, qui se croit tout permis, ne correspond en rien à un personnage original. Il a tout d’un Don Juan. Je te demanderai de ne pas attacher de l’importance à ses serments, sinon je crains que tu risques d’être déçue quand tu le verras au bras d’une autre fille. Il me fait penser à Paul, notre ami de Vendée avec lequel tu aimes danser surtout le Rock. Je le connais depuis plus longtemps que toi et je le juge superficiel toujours content d’ajouter une jolie fille à son tableau de chasse.
Je sais bien que tu t’ennuies et que l’amitié de ces deux garçons te distrait. Je ne suis pas d’un tempérament jaloux et je suis sûr que dorénavant tu feras attention à ne pas rester seule en compagnie de cet Ibrahim. Il le comprendra car je ne crois pas un instant que ses sentiments soient honnêtes.
J’attends toujours mon ordre de mission pour partir faire mes classes.
Je t’embrasse. Louis.
Photo Michel Rosse
