| Paris le 22/07/2021 | |
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Milos Ć. HNR, 176728
JA – JOS Wickenburgg Gasse 18-22
1080 Vienne – Autriche
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Donna Alovesti
119, rue des P.
75 Paris
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Ma chère Parisienne
À mon tour de guetter l'arrivée du courrier !
Au moment de lire vos lettres, je ressens un véritable mantra énergétique renforcé inconsciemment, par les épithètes «charmante» et « intrépide ». Comme je suis incapable de garder un secret, je vous demande humblement de me pardonner ces adjectifs que j'utilise égoïstement sans votre accord. Je plaide encore une fois coupable mais je ne me plains pas. Votre merveilleuse énergie spirituelle, convient tout à fait au « grand criminel » que je suis.
Je ne sais pas ce que vous m'avez fait mais le sort que vous m'avez jeté fonctionne bien. Recevoir vos lettres illumine non seulement mes journées mais me remplit aussi d'un étrange sentiment de tendresse, ce qui est la base fondamentale d'une belle amitié et d'une confiance inconditionnelle.
Mon nouveau programme « de loisirs » a été fixé il y a quelques jours par le « big boss », un vieux monsieur en toge noire lisant machinalement et d'une voix monocorde les pages d'un énorme dossier dont je suis le héros. À ses côtés, quelques jeunes collègues très motivés échangent avec enthousiasme, donnent leur point de vue avec sérieux, satisfaits de pouvoir ajouter une nouvelle référence à leur CV.
Quatre citoyens attentifs font partie du jury. Derrière, les observateurs, les supporteurs, les traducteurs et autres en « eurs ».
Au milieu, bien sûr, moi, en tant qu'objet « exposé ». La vente aux enchères peut commencer.
Les forces de l'ordre, éparpillées dans toute la salle, en équipement complet, « contrôlent » la situation.
Sur le côté, je remarque une dame d’âge mûr, traductrice professionnelle, dont la voix est à peine audible mais dont la présence rayonne par la grâce des couleurs chatoyantes de la robe bariolée qu'elle arbore.
Elle garde les yeux fermés, peut-être pour se concentrer profondément.
Monsieur le Président accélère et semble vouloir terminer son exposé le plus rapidement possible en raison de la forte chaleur qui règne dans la salle d'audience.
La dame habillée de couleurs vives ouvre les yeux et s'adresse à moi :
- Êtes-vous d'accord ? »
- Excusez-moi, d’accord avec quoi ? »
- Sur ce qui a été dit, Monsieur. »
- J’aurais été probablement d'accord si j'avais pu en prendre connaissance !
- On m'a demandé de ne traduire que les questions qui vous sont directement adressées. »
- « Ah ouais ? Eh bah, alors je suis tout à fait d'accord. »
- « Ja, natürlich », dit la dame à la cour et elle continue, « concentrée ». Dix minutes plus tard, la même question et à nouveau, ma réponse courte et pertinente.
Puis le « big boss » avec un léger hochement de tête, a conclu l'affaire.
Très simplement, deux fois « oui », un hochement de tête et une décision prise en trois heures ou un peu moins. Pragmatisme germanique.
Le big boss et ses collègues ont additionné, soustrait, multiplié, divisé. Pour finir, après avoir résolu l'équation, ils ont mis leur résultat en commun.
Et j'ai encaissé la sanction significative comme critère de ma valeur personnelle. Ah ! Quand je me souviens de la Principauté, trois jours de blabla...
Et me voici donc, lesté d'une prolongation de séjour à la montagne tirée au sort, j'écris à mon amie en attendant d'être transféré dans mon prochain (et dernier) lieu de résidence d'ici à deux mois, jusqu'à ce que cette aventure de longue durée arrive à son terme.
Pour couronner cette séquence, une surprise m'attendait : deux jeunes journalistes se sont approchées, souriantes et pleines d'enthousiasme. J'avoue que cette proximité physique avec ces jolies femmes m'a déstabilisé, mais j'ai quand même poliment demandé ce que je pouvais faire pour elles.
- Monsieur, nous allons écrire un article, mais nous aurions besoin de photos, si ça ne vous dérange pas.
- Ah ! Jeunes filles ! mon maquilleur privé est en congé aujourd'hui, donc je ne peux pas parfaire mon make-up.
- S'il vous plaît ! Soyez sans Je ferai si besoin les retouches sur Photoshop.
Vu le lieu, le temps et les circonstances, je n’ai rien dit sur le fait que j'ignorais l'existence et la fonction de ce « Photoshop »... À la déception générale de toute l’assistance, je les ai saluées poliment et je suis parti.
Je vous embrasse
Composition Ivan Gjorgievsky
