| Paris le 17/4/2021 | |
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Donna Alovesti
Association A
Paris
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Aux personnels de la maison d'arrêt de Monaco (par mail) |
Madame, Messieurs
J'ai pris connaissance de votre conversation téléphonique avec la directrice du service « enseignement à distance » de l'association A.
J'apprécie le caractère élégant de votre démarche, à mettre, j'en suis tout à fait convaincue, sur le compte d'un professionnalisme sourcilleux qui vous honore. Abundans cautela non nocet ! (l'excès de précautions ne nuit pas).
Je ne doute pas que tous les personnels de la Maison d'Arrêt ont su profiter du contenu de la correspondance que j'ai entretenue avec Milos C. durant son séjour dans vos murs.
Eu égard à la charge de travail considérable que peuvent représenter la surveillance et l'entretien d'une petite cinquantaine de détenus, comme j'ai pu le découvrir dans la presse monégasque, je m'en veux d'avoir aggravé votre sort en vous contraignant à lire les nombreuses et copieuses missives (une soixantaine, je crois) que j'ai adressées à votre ancien client afin de s'assurer que rien dans nos échanges n'était susceptible de porter atteinte à la sécurité de la Principauté...
Je ne doute pas que vous aurez apprécié le bel usage de la langue française et des expressions qui font sa saveur et sa beauté.
Je me plais, par ailleurs à imaginer le plaisir que vous avez retiré à vous immiscer dans l'intimité d'une correspondance qui ne vous était pas destinée.
Réputé malsain, pas très reluisant quand il n'est pas pathologique, le voyeurisme retrouve ici une légitimité cristalline ! Observer au plus près et en toute légalité la vie des autres suffit parfois (souvent ?) à combler le vide abyssal et la médiocrité de la sienne propre...
Veuillez agréer l'expression de mes respectueuses salutations.
Donna Alovesti
Composition Ivan Gjorgievsky
