L'Altérité : Revue littéraire en ligne
Publication de texte, poésie et roman numérique
L’Altérité se destine :
- A créer un site d’échange d’idées, une sorte de club de réflexion à travers la publication de textes portant sur des thématiques propres à mieux comprendre notre monde ; et de former ainsi un espace sans frontières entre la littérature, la philosophie, l’économie et toute autre discipline puisant son authenticité dans l’histoire de l’homme, à laquelle des modèles quantitatifs et rationnels souhaiteraient substituer un homme sans histoire. L’accès à cet espace de publication de chroniques est gratuit pour tous les internautes désirant nous rejoindre.
- A mettre à disposition une maison d’édition en ligne très impatiente de connaître et de faire partager une production littéraire variée : manuscrits oubliés dans un tiroir, écrivains encore anonymes, talents cachés, mémoire évoquée, essais, romans épistolaires, chroniques littéraires…
Chaque semaine parait dans la revue :
- Les carnets de voyage de Jean-François Roth dans les Commores, à Madagascar et dans le sud est asiatique. On découvrira les pérégrinations d'un voyageur poète et délicat au ton non dénué d'humour. Il a déjà publié dans la revue L'Altérité plusieurs recueils de poésies que vous retrouverez dans la rubrique "Publications" en cliquant sur son nom figurant dans le tri par auteur.
- La revue L'Altérité a vu le film "L'étranger" de François Ozon. Alors, la revue a revu le film "L'étranger" de Luchino Visconti. Alors la revue a relu "L'étranger" d'Albert Camus. Et bien lui en a pris. Tellement les souvenirs d'une telle oeuvre étaient lointains. Impressions...
-
L’ignorant en linguistique que je suis, s’interroge toujours sur la genèse d’une langue. Pourquoi dit-on maison en français et heimili en islandais ou house en anglais ? D’où vient que l’homme malgré l’unicité de sa race ait inventé des mots différents pour désigner les mêmes choses ? Voilà la fascinante diversité du monde qui pousse à aimer l’altérité. Le village global, malheureusement, contribue à réduire cette richesse parce que sous couvert de je ne sais quel humanisme on confond l’acceptation de l’autre avec l’uniformisation qui est précisément la négation de la différence. On connait à l’échelle mondiale ce que nos régions ont connu au plan local avec la disparition des dialectes. « Dialectes ! Quelle insulte » diront certains. « Langues, parlez de langues ». Mais dès lors qu’un dialecte devient langue il tend à s’uniformiser dans un espace géographique donné sous l’impulsion de ceux qui militent pour une reconnaissance et une spécificité qui est déjà une forme de nationalisme exclusif de l’autre. A voir les conflits que connaissent la planète aujourd’hui, l’intolérance, le racisme, les inégalités, on comprendra vite que la République des dialectes est un oxymore. C’est pourquoi la revue L’Altérité vous propose aujourd’hui un conte en gallo, en langue gallèse de la Haute Bretagne que les lecteurs que vous êtes abonderont peut-être, voire, discuteront car le gallo, les bretons vous le diront, n’est pas uniforme…
Jacques Luzi publie dans les pages de la revue L’altérité un texte intitulé « Intensification du bellicisme, mobilisation religieuse des masses & désastre écologique ». Tout son travail tourne autour de la critique de la technologie qu’il ne dénonce évidemment pas en soi mais dont il conspue les logiques de domination et de pouvoir de la technostructure. Son essai nous inspire la présentation suivante.
Un professeur de philosophie demande à un candidat au baccalauréat de lui définir le terme de Raison. Celui-ci, après quelque hésitation, lui répond que la raison est ce qui est rationnel.
– Mais encore ? demande le professeur avec un sourire au coin des lèvres subodorant la tautologie.
Mais tautologie il y a-t-il ? Car la rationalité est-elle nécessairement raisonnable ? Depuis la révolution industrielle et l’obsession de l’innovation (accumulation de capital, concurrence interentreprise et interétatique) chacun des deux termes a fait son propre chemin. La raison est réflexion critique. Elle combine à la fois la connaissance et le jugement et c’est précisément son absence d’objectivité qui en fait un instrument de lutte contre le dogme. La rationalité est pratique et envisage dans un process donné l’ensemble des moyens susceptibles d’améliorer une efficience dans un but profitable. Et c’est cette recherche de la maximisation des profits par la technostructure qui érige la science au niveau de la toute puissance divine comme légitimation du dogme de la croissance, modèle exclusif de développement face au peuple doublement leurré :
1) la croissance, donc sa survie, dépend de sa consommation ;
2) l’inaccessible technicité des sciences (physique, chimie, mathématiques) et de celles qui s’en donnent l’apparence (les pseudo sciences telles que la science économique ou la sociologie) l’asservit puisqu’il a définitivement abandonné sa souveraineté aux technocrates.
Dès lors, le capitalisme, rationnel mais non raisonnable, aboutit irréductiblement à la fin programmée de l’être humain puisqu’il entend, de manière absurde, réparer ses externalités négatives (accidents du travail, pollution, réchauffement climatique) par encore plus de technologie.


