Revue littéraire en ligne

Publication de texte, poésie et roman numérique   

L’Altérité est une revue littéraire en ligne constituée sous la forme associative. Elle se veut à la fois revue littéraire numérique et maison d’édition en ligne

L’Altérité se destine :

  • A créer un site d’échange d’idées, une sorte de club de réflexion à travers la publication de textes portant sur des thématiques propres à mieux comprendre notre monde ; et de former ainsi un espace sans frontières entre la littérature, la philosophie, l’économie et toute autre discipline puisant son authenticité dans l’histoire de l’homme, à laquelle des modèles quantitatifs et rationnels souhaiteraient substituer un homme sans histoire. L’accès à cet espace de publication de chroniques est gratuit pour tous les internautes désirant nous rejoindre.
  • A mettre à disposition une maison d’édition en ligne très impatiente de connaître et de faire partager une production littéraire variée : manuscrits oubliés dans un tiroir, écrivains encore anonymes, talents cachés, mémoire évoquée, essais, romans épistolaires, chroniques littéraires
L'actualité de la semaine

Catherine Andrieu dit parfois que pour comprendre son œuvre il faut au lecteur quelques références. Evidemment, cette approche peut paraitre intimidante voire altière. Et pourtant, il n’y a pas plus simples que certaines de ses poésies qui font exclusivement appel à l’émotion et font bouger le cœur si l’on veut prendre le verbe émouvoir au sens étymologique. Le reste de son œuvre n’est plus difficile d’accès que si l’on veut bien se laisser intimider par le langage des rêves. Si on les appréhende poétiquement, il suffit de se laisser bercer par leur fantasmagorie et par la palette de couleurs, parfois très vives, qui caractérise aussi la peinture de la poétesse. Elle publie aujourd'hui un recueil intitulé "Des Nouvelles de Léda" aux éditions Rafael de Surtis, qui comprend une partie de son oeuvre poétique retraçant une passionnante quête d'identité.

Paru
 Pourquoi je ne sais rien. Ou une tautologie de la croissance selon Anselm Jappe.

"Couché dans l'eau verte, sous le cul du cumulus dont il voit les tuyaux, les soupapes et tout le toutim que de toute façon il ne peut expliquer, il a la position de l'astronaute dans une navette spatiale. Il pense qu'il n'aurait pas su fabriquer les briquettes thermiques qui en recouvrent le ventre, qu'il n'aurait pas su en calculer la disposition, même pas d'ailleurs les concevoir ni concevoir qu'elles dussent exister. Mais si ce n'était que cela. Il pense à une centrale nucléaire et se demande comment on peut fendre l'infiniment petit lui qui ne reconnaît que ce qu’il voit. Mais si ce n'était que cela. Il pense à la télévision et se demande comment une image peut apparaître d'un chatoyant bocage de fils, de transistors et de circuits imprimés, de toute cette tripaille dont il ne peut comprendre le tout puisque l'infime partie du tout lui est, de toute manière, totalement étrangère, tandis qu’il ose à peine se déshabiller devant le poste de peur que la speakerine ne le regarde. Mais si ce n'était que cela. Il pense à l'automobile et se demande comment en est-on venu, un jour, à la mouvoir avec des chevaux plus évanescents que des chevaux sauvages. Mais si ce n'était que cela. Il pense à une ampoule électrique et se demande comment le feu peut s'y produire ; comment le courant peut y courir ; et par quelle magie l'eau peut nourrir un tel prodige. Mais si ce n'était que cela. Il pense à son électrophone et se demande comment une musique peut sortir du contact d'une aiguille et d'une plaque de cire noire, lui qui ne sait même pas fabriquer une aiguille à coudre que la finesse épouvante et plus encore la petitesse du chas. Mais si ce n'était que cela. Il pense au métal dont elle est faite et se dit qu'il ne sait ni l'extraire ni l'allier. Et si ce n'était que cela. Il pense qu'il ne sait pas faire le feu autrement qu'en grattant une allumette et que de toute façon, il ne sait pas faire une allumette. Il se demande s'il aurait pensé à la roue. Il se demande s'il se serait demandé. Il se demande à quoi lui auront servi deux millions d’années d'humanité. Et il se sent comme un chat de gouttière, la nuit. Laissant autour d'une poubelle entrouverte les reliefs de sa consommation".

Extrait de "Janus" Hervé Rostagnat. Roman. L'Altérité.


Collection "La couleur du son"
 La couleur du son est une collection de la revue L’Altérité qui comprend des recueils de textes poétiques illustrés par des œuvres picturales ou des photographies réalisées par leurs auteur(e)s. Ils sont accessibles en format numérique en cliquant sur le lien qui accompagne leur publication.
Philippe Minot : L'oeil à Plume et L'oeil Ebouriffé.
Promenades dans les bois du roman et d'ailleurs
23 juin 2024 Catherine Andrieu
Catherine Andrieu est une artiste poétesse, peintre et pianiste dont nous publions les oeuvres extraites de ses précédentes publications chez Rafael de Surtis, chez L'Harmattan ou chez les Editions du Petit Pavé. Elle publie également à L'Altérité "Les ailes du papillon" dans la collection "La couleur du son". On trouve…
Chronique littéraire
18 juin 2024 "Des nouvelles de Léda" de Catherine Andrieu ou "La déchéance de Némésis"
      Je lis la poésie de Catherine Andrieu et je ne comprends pas tout de ce que je lis. Oserais-je alors écrire sur son œuvre ? Qu’importe le contenu, me dirait Mallarmé, laisse-toi bercer par les mots. Par la langue. Par la musique d’une langue que tu n’as pas…
Chronique littéraire
24 mai 2024 "Pourquoi je ne sais rien" par Hervé Rostagnat
      Si nos enfants étaient élevés dans la nature, surement s’émerveilleraient-ils devant les fleurs, les oiseaux, les rivières, les ciels nocturnes et le spectacle de la montagne sur les flancs desquelles glissent les nuages. Et comme la nature est abondance de fleurs et d’oiseaux, de rivières, de ciels…
Poésie
17 mai 2024 PIBAL "Le chant du cygne" Poésie 4
Par Pibal  -  Poésie
Frileuse lune tu frémis Teins les faubourgs de notre ville En vert feu follet volubile C’est l’heure où tous les chats sont gris   La brume lentement dépose Son deuil, grésillent les néons De quelques pubs sinistre chose Qu’une jeunesse au diapason   Minuit la ronde des juke-box Peut commencer…
Poésie
11 mai 2024 PIBAL "Le chant du cygne" Poésie 3
Par Pibal  -  Poésie
 Le givre a posé son linceul Sur notre coeur, sinistre friche Retiens tes pleurs, nous voilà seuls A promener morve et caniche   Entends l'écho, le chant du cygne Gémir du fond de nos sillons Je voudrais tant y voir un signe Une étincelle, un dieu fécond   Mais nous…
Chronique littéraire
28 avril 2024 "Les nuits de la peste" de Orhan PAMUK, "En Syrie" de Joseph Kessel ou La chair de l'Histoire par Hervé Rostagnat
    La revue L’Altérité vous propose deux romans qui posent de manière très intéressante la problématique de la fiction et de la réalité dans l’écriture d’une œuvre littéraire. Ce sont « Les nuits de la peste[1] » d’Orhan Pamuk et « En Syrie[2] » de Joseph Kessel. Déclarer, comme le font certains romans ou…